[Bikepacking] – Around Norway 2019

Introduction

Around Norway est une épreuve de bikepacking en autonomie faisant une boucle Oslo-Oslo et passant par de nombreux lieux mythiques et scéniques de la Norvège. Organisé par Adventure Bike Racing (Michael Wacker), la trace fait 3400 km pour 38 000 m de D+. Elle se déroule à 99% sur de la route de très bonne qualité.

La particularité de l’épreuve réside sur la nécessité de prendre des ferrys pour traverser les fjords, il faut donc faire attention aux horaires, cela pimente un peu la logistique.

Il y a également 2 options de routes au cours de l’épreuve :

  • Le Fjord de Lysebotn : Soit on prend un des deux ferrys quotidiens et on profite d’une croisière de 2h au cœur du fjord, soit on fait le tour et on doit faire l’aller-retour pour valider la trace au pied de Lysebotn.
  • Le raccourci gravel : il est possible de prendre un raccourci de 23 km mais il faut emprunter une piste gravel de 40 km environ. L’autre possibilité contourne cette piste par la route. A noter que la piste gravel est de très bonne qualité, à ne pas manquer !

Vous pouvez revivre l’épreuve sur ce site en cliquant sur replay :

https://www.followmychallenge.com/live/aroundnorway/?61.00346,9.725243,5.51#

La machine et le matériel

Le Vélo

  • Sobre Versatile Cadre Acier et fourche Carbone
  • Double Plateaux Rotor 26-36 et cassette Sram 11-36, ratio minimum de 0,72, idéal pour monter les cols sans forcer. Le ratio maximum de 3,27 me permet de tenir les 40 km/h, largement suffisant pour ce type d’épreuve (je dépasse rarement les 30 km/h sur le plat de toute manière…)
  • Dérailleur arrière Sram GX et Shimano XT avant, shifter Sram Red double tap
  • Roues DT Swiss Spline et pneus Hutchinson Overide 700×38 avec chambre à air, le tubless tenait pas…. Un peu large mais plus de confort. Je les avais pris en Hardskin (plus épais)
  • Selle Brooks B17 impérial.
Sobre Versatile

Les Sacoches 

  • Sacoche de selle Revelate Design Terrapin 17 litres, rien à dire, très bonne tenue, résistante et étanche.
  • Sacoche de cadre Blackburn, bon rapport qualité prix
  • Sacoche de cintre FairWeather, une dizaine de litre, quasi étanche et robuste.

L’électronique

Cette année je suis enfin autonome en électricité !

  • Dynamo Vélogical située à l’arrière relié à l’Igaro D1 pour alimenter le phare avant Son deluxe II.
  • L’Igaro a deux sorties USB femelle permettant de recharger une batterie tampon Goalzero Flip 30 de 7800 mAh et le portable ou les lumières arrières, l’appareil photo etc.
  • Le GPS Garmin Etrex 30 est alimenté en direct car il ne peut pas être alimenter par une batterie externe. Je mets deux piles lithium. Quand je passe en dessous des 7 km/h, le GPS passe sur les piles.
  • La Vélogical a un très bon rendement, pas besoin de changer le moyeu de sa roue, mais gros bémol quand la jante est mouillée, l’accroche est moins bonne et l’alimentation est affaiblie…

Je me suis alourdi avec un appareil photo et 2 objectifs mais je ne regrette pas au final : Lumix GX 80 avec un 12-32 mm et un 30-100 mm.

Les vêtements

Une tenue de jour et une tenue qui doit rester sèche pour la nuit. Je mets les vêtements dans la sacoche avant doublé d’un sac étanche Sea to Summit.

  • Un cuissard
  • Deux jerseys courts
  • Veste thermique hiver Ekoi
  • Veste de pluie Décathlon Kalenji, très bon rapport qualité prix, vraiment imperméable ! Je recommande fortement
  • Jambières et manchettes
  • Mitaines et gants hiver Ekoi (j’ai bien fait de les prendre…)
  • Pantalon Kway Décathlon avec protection des pieds
  • Sur chaussure Etanche Vélotoze
  • Chaussettes étanches Dexshell de chez Terres de Running Albertville ;). J’ai eu les pieds au sec toute la course, je recommande !
  • 2 Buff
  • Casque RH+
  • Lunettes photochromique Décathlon.

Pour la nuit :

  • T-Shirt manches longues et collant mérinos
  • Bonnet en polaire
  • Chaussettes
  • Sweat polaire

L'entrainement

Etant inscrit quasiment 1 an à l’avance, cela laisse le temps de voir venir. Mon objectif est de rouler aussi souvent que possible, de faire des sorties longues, des sorties chargées, et d’accumuler les kilomètres. Juste avant l’épreuve, j’avais environ 5000 km dans les jambes (Janvier à juin 2019).

Pour se motiver, je me suis inscrit à plusieurs autres épreuves :

Ces épreuves ont bien jalonné la saison, et j’ai bien pu me préparer physiquement.

Entre temps, j’alterne course à pied une fois par semaine et 1 à 2 sorties vélo par semaine, soit du VTT, soit de la route mais surtout sans pression, je sors quand j’ai envie, en fonction de mon humeur. No stress… Et sinon, je me déplace quasiment tout le temps à vélo pour le taf etc.

Le plus important je pense pour ces épreuves, c’est d’enchainer les longues distances. Et surtout, faire des sorties avec tout le matos, chargé voir surchargé, pour que le corps ne soit pas surpris lors de l’épreuve.

Je pense que c’est là, la plus grosse erreur des personnes qui se prépare à ce type d’épreuve, ils vont enchainer les longues distances sur leur vélo à 10 kg, et ils s’étonnent d’une tendinite au bout de 2 jours à forcer sur un vélo à 15 kg, voir 20 kg… Il n’y pas de secret, il faut s’entrainer chargé !! J’avais commencé d’ailleurs dès le mois de décembre avec un 600 km sous la pluie et le froid… Puis de temps en temps quelques sorties à côté de chez soi.

Mes objectifs pour la course

La terminer dans les temps. Nous avons 15 jours pour valider les 3400 km soit 226 km minimum par jour ce qui ne laisse pas trop le temps pour rêvasser. Il a fallu être rigoureux et régulier pour pouvoir accomplir l’épreuve.

J’espèrais pouvoir gagner 1 jour ou 2 afin de profiter d’Oslo et de Géraldine qui m’a fait la surprise de venir me rejoindre. Elle est arrivée le 10 juillet sachant que le délai était le dimanche 14 juillet.

J’ai bouclé l’épreuve en 13 jours et 18h soit une moyenne d’environ 250 km par jour.

Retour en détail sur le déroulé de cette épreuve…

Je voulais également profiter à fond de la nature et des bivouacs sauvages. 12 bivouacs sauvages, une nuit en camping

Le récit

Jour -1 : Direction Norvège

C’est le départ, direction La Panne en Belgique pour prendre le train et rallier Bruxelles-Zaventem. Je quitte Dunkerque et ma compagne qui doit me rejoindre plus tard sur le territoire norvégien. Elle sera là à l’arrivée, j’ai déjà hâte de la retrouver. Contrairement aux autres épreuves, je me sens moins excité, j’ai de l’appréhension, je ne sais pas trop pourquoi… Enfin si, sûrement cette conversation avec un ami quelques jours avant qui m’a un peu retourné le cerveau…tsss satané jojo. Bref, je m’évade dans le bouquin de Sylvain Tesson pour passer le temps et j’atterris à Oslo vers 15h. Il fait chaud et beau !

Je dois rallier le centre-ville et rencontrer Francesco qui a la gentillesse de m’accueillir pour la nuit, merci à Warsmhowers pour ces rencontres !

De l’aéroport à chez Francesco, c’est un peu la galère, des problèmes sur la ligne de train qui est en retard de 45 min. Mais c’est sympa, je réactive mon anglais avec un couple néo-zélandais et un Polonais qui carbure au Whisky. Polonais qui m’accompagne jusqu’à mon arrêt. Je galère ensuite avec ma valise-vélo dans les rues encombrés d’Oslo, en travaux et au 1er regard, ce n’est pas franchement jolie…

Francesco habite au 5e étage (avec ascenseur ouf !) sympa et discret, je prends mes quartiers dans son p’tit appartement.

Tour rapide du quartier pour notamment acheter du gaz pour le réchaud mais les magasins en sont dépourvus. Un bon burger et une IPA, je m’endors serein. Départ demain à 16h.

Jour 1 : Une demie étape

Un peu de logistique tout d’abord, nous devons déposer notre valise-vélo au garde-meuble dans la matinée. Première rencontre avec Michael Wacker l’organisateur et quelques concurrents notamment Samuel, Arne, Mindaugas et Paul. Tout le monde discute déjà dans un anglais quasi parfait… Faut se remettre dans le bain et j’ai pas trop le vocabulaire lié au vélo…

Je rentre récupérer mon matos, dit au revoir à Francesco et je pars pour le lieu du Briefing : un café vélo, le Peloton, vraiment sympa ! Déco avec des vélos vintages, des gapettes, des affiches, on est dans l’ambiance ! Comme tout le monde est là, ils décident de faire le départ à 15h. Ce n’est pas plus mal !

Vérification des vélos et du matériel, rien n’est laissé au hasard. Discussion passionnée avec les autres concurrents notamment le couple d’allemand avec qui je vais rouler plusieurs fois. Chacun inspecte les vélos, le chargement. Certains très chargé, d’autres full light. Toujours les mêmes questions, les mêmes doutes avant de prendre le départ…

J’avale des lasagnes succulentes et 15h arrive à grands pas. Direction le port après une traversée du centre-ville bondé.

Nous y sommes, 12 participants pour cette première édition.

15h, nous partons en file indienne le long du port et nous entamons un enchainement de pistes cyclables pour sortir de la capitale. Très vite, les distances entre les participants s’allongent. Certains se trompent déjà dans le dédale des passerelles.

Samuel Thompson roule à mes côtés quelques secondes « Have a good trip ! » Clac, le dérailleur passe une vitesse et l’Anglais disparaît au détour d’un virage. Il terminera 1er en 10 jours.

Il faut que je fasse au moins 150 km aujourd’hui pour rester dans les temps. Doucement, je me mets en jambes, nous avons quitté Oslo et nous serpentons dans les forêts et les nombreux lacs qui sont déjà là. De temps à autres, je vois les grecs devant moi ou Mindaugas le lituanien qui me double.

Cette 1ère étape nous met dans le bain avec ses montées courtes mais sèches. Le paysage urbain a laissé place aux forêts de conifères et à quelques vallées agricoles où je me pose pour la « nuit » vers 23h. J’aperçois Mindaugas sur ma gauche en train de se laver dans un ruisseau, je pousse un peu et jette ma tente dans un champ à côté du même cours d’eau. Rapide douche froide mais rassérénant avant de me jeter dans la tente car les midges locaux (moucherons) m’ont déjà bien attaqué !

Mes sentiments sont mitigés pour le moment, je ne suis pas encore dedans. Je ne ressens pas l’excitation ou la motivation. Ces sentiments me font un peu peur, le mental c’est ma force normalement, mais là je sens une faille, une brèche… Je me remémore cette fameuse discussion et je me mets à cogiter un peu trop… Le fait que l’on sera bientôt 3 à la maison y est peut-être pour quelque chose… Le sommeil l’emporte malgré tout.

Jour 2 : Remise en question

Réveil 5h30. Il fait déjà jour, il fait beau et un peu frais. Je plie le matos en 10 min car je me fais littéralement bouffer par les bestioles. Je fais 500m pour manger un morceau tout en marchant afin de semer mes assaillants ailés.

Je me suis arrêté juste avant un col car je n’avais pas la force de monter en pleine nuit et j’avais déjà mes 160 km au compteur. Je passe la ville de Tuddal et entame la montée, un col de 15 km avec des portions avec un beau pourcentage ! Petite route de montagne, il n’y a personne, il fait un temps superbe, le moral est là et j’atteins le col en 2h à proximité du lac de Heddervatn. Lieu de bivouac parfait ! S’en suit une longue descente qui m’amène au village de Rjukan où je retrouve les Allemands à la station-service qui vient d’ouvrir. Ils ont dormi à proximité de l’église hier soir.

Les stations-services seront nos havres de paix pour les 15 prochains jours. Ils ont tout ce qu’il faut pour se ravitailler et ils font fast-food la plupart du temps. 8h du matin, j’enfourne un sandwich au poulet et du lait protéiné puis je repars à l’assaut du prochain col.

Orage en vue
Pause déjeuner
Les premiers cols

Alors que je suis dans un raidar, mes pensées ont raison de moi un court instant et je m’arrête, essoufflé, la gorge nouée.

Soleil, vent dans le dos et lacs

En fonction des arrêts, je rattrape mes concurrents Germaniques qui me redouble notamment lorsque je m’arrête pour laisser passer un orage violent. Tout est trempé en quelques minutes. C’est dingue le nombre de journées qu’il peut y avoir dans une journée de vélo. 12h approchant, il y a souvent ce ptit vélo dans la tête qui revient me hanter… Alors que je suis dans un raidar, mes pensées ont raison de moi un court instant et je m’arrête, essoufflé, la gorge nouée. Bordel, qu’est-ce qu’il m’arrive, nom de dieu ! Je suis en train de craquer au bout de 24h ?!! Il faut que je parle, que je vide mon sac et mes pensées, j’ai besoin d’un soutien moral. J’appelle Géraldine et j’éclate en sanglots « Qu’est-ce que je fous là ? Je profite pas, je ne vais pas y arriver… » Je ne crois pas avoir été aussi au fond que ce moment-là depuis que je fais de l’ultra. Heureusement Gégénial me remonte le moral comme jamais : « Ne t’occupes pas de moi et t’inquiètes pas pour moi ! Roule et profite, tu vas y arriver, ce n’est rien, c’est un coup de mou ». Ses paroles et sa voix me remettent dans le droit chemin. Je me suis promis à ce moment-là que je me moquerais plus des participants de Koh Lanta qui craquent au bout de 2 semaines sans avoir entendu leur proche…

Après coup, j’ai pu analyser ce coup de déprime et cette baisse de mental, les récents évènements de notre vie personnelle m’ont fait cogité à l’époque et le fait également de me rendre compte que je ne pourrais pas profiter pleinement de la Norvège comme je le voulais. Je me suis trompé un court instant sur l’objectif, ce n’est pas un « voyage » dans le sens où je l’entendais, c’est un challenge, une épreuve ! Quelques heures auparavant, alors que je montais un petit col j’avais écouté l’interview Spotzle de Maxime Barat et ses paroles ont fait écho à ce que j’ai pu ressentir à ce moment-là. Il y a beaucoup de frustration dans ces épreuves car l’objectif de finir se confronte à l’envie de profiter des paysages, des gens, de la culture.

Intérieurement je me dis tout de même que je roule jusqu’à ce que je Géraldine arrive en Norvège et ensuite on avise. Cela me laisse tout de même 11 jours…

Après avoir fait un peu le tri dans mes pensées, je me reprend en main et c’est reparti.

Je fais une pause à une épicerie après une belle descente, je suis rejoint par les Allemands. Saucisse et purée, je prends de quoi me ravitailler pour ce soir et demain matin. Arne nous rejoint également puis les grecs qui passent devant sans un regard.

Chacun reprend la route, le ciel est bleu maintenant et la trace s’annonce plaisante, un profil descendant de 70 km puis environ 100km de « plat ». Enfin, cela reste relatif…

La météo est parfaite lorsque je longe le lac Nisser, un gros vent me pousse sur la route quasi déserte.

Lorsque j’atteins les 250 km, je commence à chercher à un spot de bivouac, je jette mon dévolu sur une plateforme rocailleuse au pied d’un pont et d’un petit lac. Les moucherons sont toujours là lorsque je me jette à l’eau dans mon plus simple appareil. C’est délicieux de pouvoir se rincer dans l’eau froide après une telle journée. Pendant que je me sèche, je vois passer les allemands sur le pont, ils s’arrêteront loin hors de la trace pour trouver une zone de bivouac.

Il y a beaucoup de frustration dans ces épreuves car l’objectif de finir se confronte à l’envie de profiter des paysages, des gens, de la culture

Jour 3 : vent et pluie

Direction l’ouest pour cette étape qui s’annonce « vallonnée ». Je décolle à 6h avec une météo plus que maussade. 20 km de montée puis descente dans la vallée et la ville de Evje où je m’arrête pour un petit déjeuner à base de saumon fumé et de wasa, acheté à la supérette du coin qui ouvre à 7h du matin ! Les grecs me rejoignent alors que je reprends la route. La trace vire au sud puis reprends vers l’ouest coupant perpendiculairement les vallées qui débouchent sur les fjords de la côte sud.

Le temps est vraiment mauvais aujourd’hui, de la pluie et beaucoup de vent. Un vent glacial qui vous transperce malgré les épaisseurs mais je tiens bon.

Je traverse mon 1er tunnel. J’enfile le baudrier réfléchissant qui me quittera plus, j’allume les lumières et c’est parti. La bande n’est pas très large et le plus angoissant, c’est le bruit. Les voitures qui entrent dans le tunnel font un vacarme de tous les diables ! Le son arrive de partout ! On ne sait pas si elle arrive derrière ou devant… Je ne vous parle pas des camions… J’aime pas les tunnels.

Près de la vallée d’Oye, je retrouve Mindaugaus, Arne et les Grecs à une station essence. Tout le monde est trempé et subit la météo exécrable. Ce n’est pas tant la pluie mais plutôt le vent et les températures sub polaire…Chacun est occupé à trouver un gîte pour le soir alors que je me ravitaille un peu pour la fin de journée. Je repars avant tout le monde sachant qu’ils vont me rattraper dans peu de temps. Je m’extirpe de la vallée sous la pluie et emprunte une petite route qui serpente dans les plateaux et les lacs.

A l’approche de la côte, les grecs me rattrapent et l’on fait un morceau de chemin ensemble notamment au niveau d’un superbe fjord et d’une route à travers la montagne. Le vent humide s’engouffre dans le tunnel rendant l’ascension difficile. La vue en haut est juste superbe et cela met du baume au cœur.

Je poursuis encore un peu vers l’Ouest puis la trace prend la direction Nord. Je mets un terme à cette étape après 200 km et 3300m de D+. Le vent et la pluie fatigue l’organisme. Je me pose à proximité d’un lac, en plein vent.

Avec les Grecs sous la pluie

Un vent glacial qui vous transperce malgré les épaisseurs mais je tiens bon.

Jour 4 : Lysebotn

Encore bien dormi. La météo est toujours mauvaise. Vent et pluie m’accompagne dès les premières heures de roulage. J’ai les yeux complètement bouffi mais le moral est tout de même là. Aucun souci physique, les jambes et le fessier sont au top.

Le soleil fait son apparition de temps en temps et permet de sécher un minimum. Je poursuis ma route vers le Nord dans un décor rocailleux, de forêt et de nombreux lacs, il y en a des dizaines, c’est impressionnant.

Aujourd’hui, j’arrive au choix de la 1ère option : soit descendre vers Lysefjord et prendre le ferry qui traverse le fjord et nous dépose à Lysebotn, soit contourner le fjord par les terres puis descendre à Lysebotn et remonter. J’avoue que je n’avais pas compris ça la 1ère fois, je pensais que l’on était pas obligé de descendre et remonter. Mais en regardant le tracker, j’ai vu que les premiers faisaient ça…. Michael me l’a ensuite confirmé par SMS.

La 1ère possibilité permet de gagner 10 km et de profiter d’une croisière de 2h dans le fjord. Toutefois, il y a que deux départs, 9h30 et 15h.

J’arrive à 10h15 à l’intersection où je retrouve Arne qui avait dormi à l’hôtel sur place. Son rythme est particulier, il n’est toujours pas parti alors que je roule déjà depuis 4h. Il m’explique qu’il a dû rouler longtemps la veille pour atteindre cet hôtel puisant ainsi dans ses ressources. Il repart alors que je m’arrête prendre un café et des pâtisseries locales. Pour ce qui est du choix, et bien, le prochain ferry est dans 5h, je me dis que j’ai largement le temps de contourner, descendre et remonter.

Je repars donc l’assaut des montagnes norvégiennes direction Lysebotn par les terres. Vu le profil, c’est relativement plat sur les 50 premiers kilomètres, un long faux plat montant. Au cours de la journée, une douleur commence à poindre au niveau de mon genou droit. Cela ressemble à une tendinite… Ce n’est pas bon ça ! Je me masse en profondeur dès que je peux et augmente les rations d’eau.

Pause déjeuner dans une supérette Joker à proximité de Sirdal resort, une de mes préférés car ils ont des buffets froids, je me fais donc une grosse salade de pâtes crudités ainsi que deux hots dogs. Puis je me masse le genou et je repars. En regardant le tracker, je m’aperçois que Mindaugas a pris l’option ferry de 15h. Il sera donc à Lysebotn à 17h. On verra où je serais à cette heure-là…

14h30, je suis à l’intersection. C’est parti pour un aller-retour vers Lysebotn. Il y a exactement 30 km et le profil ne semble pas trop méchant d’autant plus que le soleil est revenu et me réchauffe.

Direction Lysebotn

La route qui mène à Lysebotn s’avère être un enfer. Il y a un vent à décorner les élans, c’est un enchainement de côtes très raides avec des pourcentages de l’ordre de 10% par endroit.

La route qui mène à Lysebotn s’avère être un enfer. Il y a un vent à décorner les élans, c’est un enchainement de côtes très raides avec des pourcentages de l’ordre de 10% par endroit. Le vent est si violent que je suis obligé de pédaler dans les descentes pour dépasser les 20 km/h. C’est éreintant, cela n’en finit pas ! Par moment, je continue à pied, je suis plus rapide que sur le vélo avec ce vent.

Au détour d’une descente, j’entends vibrer le drone de Michael qui se bat contre le vent pour me filmer ! Je suis impressionné de la tenue de l’appareil dans ces conditions ! Cela fait plaisir de les voir !

J’arrive enfin en haut du col mais la suite n’est pas que descente, encore des montées sèches avant d’atteindre enfin les fameux lacets de Lysebotn. Il faut un mental d’acier pour supporter ce vent et j’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé le vent, mais bon, le fait de rouler dans la plaine maritime flamande facilite tout de même un peu la chose.

Au cours de la descente, je croise Arne qui est en train de remonter, on s’arrête discuter puis je reprends la descente qui passe à travers un tunnel étroit, sombre et qui tourne et descend à travers la roche avec une pente assez importante !

Je débouche en bas du fjord et je vais pointer au bout du quai où le ferry est en train d’arriver. Il est 16h45, Mindaugas est dedans et s’est reposé 2h. Si j’avais su, j’aurais poireauter 5h pour le prendre… Je prends un café et remonte. Les lacets sont étroits et courts mais j’aime bien ces montées longues, on se met au train, tranquille.

Les lacets de Lysebotn

Je croise les grecs qui descendent et vu l’heure et les conditions là-haut, j’espère qu’ils vont rester dormir en bas car c’est encore l’enfer là-haut. Le vent souffle comme jamais mais cette fois-ci je l’ai dans le dos et je peux profiter du paysage et de la lumière de fin de journée. Les forêts ont laissé place à une végétation rase poussant sur un désert rocailleux ponctué de failles, de retenues d’eau, de parois abruptes. J’en prends plein les yeux. Alors que j’approche de l’intersection, je croise les Allemands. Ils comptent faire l’aller-retour mais ils ne savent pas encore ce qui les attends. Je leur souhaite bon courage et je repars. Je les reverrai qu’à Oslo. Mindaugas est devant, il m’a doublé lorsque je prenais mon café à Lysebotn. J’arrive enfin à l’intersection et poursuis ma route.

Alors que la pluie reprend, je me pose sur les tables d’une supérette fermée à cette heure-ci. J’en profite pour appeler Géraldine. Je fais le point avec elle et je lui dis que ça va être dur de terminer dans les temps, j’ai pris du retard hier et aujourd’hui, je ne pense pas faire une grosse étape… Il est 21h et je n’ai que 160 km au compteur !! Cela fait 16h que je roule, je n’avance pas des masses avec ce temps et ce vélo plutôt lourd… On fait des plans, on se dit que dès qu’elle arrive, j’arrête et on loue une voiture, je lui dis de regarder les trains vers Trondheim etc. Bref, à ce moment-là, je me dis que je ne pourrais pas terminer dans les temps. Mais au fond de moi, j’ai envie de terminer ! On verra bien dans 6 jours où j’en serais.

Je reprends la route et je me pose 20 km plus loin à côté d’un lac et en plein vent ! J’ai du mal à monter la tente. Ce n’est pas le meilleur spot mais j’ai ma dose pour aujourd’hui. Seulement 180 km mais 4200 m de D+ !

Bivouac venteux
Fatigue et pluie

Jour 5 : Le jour où la météo a été vraiment pourrie

Départ 6h. La régularité c’est la clé. Le ciel est gris et menaçant. Je prends la route et la pluie ne met pas beaucoup de temps à tomber. Puis une averse grêle et de neige me pousse à me réfugier sur une aire de repos touristique. J’en profite pour manger un risoto froid. Mon thermomètre annonce 3°C. C’est pour ça que j’ai froid !

Après une petite descente, on se lance sur un profil montant d’environ 80km dans des conditions dantesques. Le vent et la pluie s’invite toute la journée. J’ai peu de photos de cette journée et au final des souvenirs éparses…

Je me bats contre le vent subpolaire qui me transperce, je suis humide et je peste contre Njörd, le dieu du vent nordique. Je n’avance pas du tout. Ma moyenne chute. Je me revois encore en train d’hurler ma colère sur ces longues routes « Qu’est ce je fous là !!!!!! J’en ai marre Put***** » J’insulte le monde entier, je crie ma rage contre les éléments, je m’excite sur le cintre, je m’arrête souvent pour me calmer ou me mettre à l’abri. Mais on n’a pas le choix, je ne vais pas m’arrêter là !? Je poursuis tout de même avec la haine de ce vent et de cette pluie puis de cette neige qui me cingle lors de ce passage qui évite les tunnels interdits au vélo. Je fini cette côte à pied car à chaque fois que je remonte sur la selle, une bourrasque me fige sur place. De rares fois, le soleil transperce les nuages et inonde le panorama, c’est suffisant pour remonter le moral pendant quelques minutes. Mais les kilomètres ont du mal à s’accumuler.

J’ai 190 km au compteur et je ne me vois pas affronter les éléments à nouveau, la température est plus clémente ici.

L’analyse du profil m’annonce une descente jusqu’au niveau de la mer puis remonte droit dans le pentu pour passer dans le fjord suivant. Lorsque j’arrive au niveau du 1er fjord, je suis frigorifié, il est 20h. Par chance, il y a une ville, Roldal, avec un camping ouvert. J’ai 190 km au compteur et je ne me vois pas affronter les éléments à nouveau, la température est plus clémente ici. Je décide de faire une nuit au camping et de profiter de la douche chaude. Cela fait un bien fou. Je me repose, mange et me couche tôt pour bien récupérer. J’espère que le temps va s’améliorer. D’après Mickael, cela peut être que mieux ! Puisse Odin t’écouter…

Les grecs et les allemands dormiront également à Roldal. Encore du retard, les perspectives de terminer dans les temps s’amenuise… Paul a abandonné ici 1 jours auparavant victime du froid.

Jour 6 : Le retour du Soleil sur les Fjords

Départ 6h30, une demi-heure en plus ce matin. Il pleut déjà. Allez, on repart pour une bonne ascension d’une dizaine de kilomètre sous une pluie fine et un vent qui s’est considérablement affaibli.

Je me n’attarde pas en haut et attaque la descente sous une pluie un peu plus conséquente. C’est dommage, la route passe à travers des parois étroites avec des cascades sur les côtés. Pas le temps de s’arrêter, je suis complètement frigorifié, j’ai tellement froid que je tremble sur mon cintre qui vibre et me fais faire des petits écarts… La descente est interminable, je suis transi de froid quand je me réfugie dans une supérette qui vient juste d’ouvrir. La tenancière m’accueille à bras ouvert, m’indique une table dans le fond du magasin pour que je puisse petit-déjeuner.

Deux cafés au lait plus tard et quelques bolle raisins, je repars sous une pluie fine, un peu réchauffé. Heureusement la température augmente au fur à et mesure que je descends et enfin le soleil apparaît à l’approche de Hardangfjord.

La trace longe ensuite le fjord sur des dizaines de kilomètres, 80 km vers le nord avec un profil plutôt plat, quelques vallons et une vue splendide sur le fjord. Le vent est dans le dos, c’est un vrai bonheur ! Le moral est en hausse et les kilomètres défilent rapidement !

Sur le pont de Hardengerbrua, on peut apercevoir les grains qui passent au loin sur le fjord donnant des contrastes de couleur vraiment saisissants, le gris et le blanc tranche avec le bleu turquoise des eaux salées et le vert des montagnes environnantes.

Nous contournons une péninsule puis on se retrouve sur le côté opposé du fjord que l’on va longer encore pendant 90 km. Le soleil est toujours de la partie et les vues sont juste magnifiques. La route serpente sur les bords du fjord et avec la lumière qui décline.

Je me pose sur un promontoire rocheux surplombant la route qui mène à la ville de Haga, il est déjà tard, j’ai 270 km au compteur, cela suffit pour aujourd’hui. J’ai commencé à rattraper mon retard !

Sur le pont de Hardengerbrua, on peut apercevoir les grains qui passent au loin sur le fjord donnant des contrastes de couleur vraiment saisissants, le gris et le blanc tranche avec le bleu turquoise des eaux salées et le vert des montagnes environnantes.

Jour 7 : On joue avec les ferrys

Réveil à 5h30 avec un soleil déjà chaud mais les températures ne sont pas non plus caniculaires, je reste en long tout de même.

A l’approche de Bergen, la route sillonne les fjords et le relief très découpé de ce secteur qui est de plus en plus en urbanisé.

La traversée de Bergen est rapide à cette heure matinale. La ville est déjà animée par les touristes qui la sillonne mais malgré tout cela reste tranquille. Je file sur les pistes cyclables, m’attarde un moment devant ces maisons colorées typiques des pays scandinaves puis la trace nous amène à travers la banlieue de Bergen et bientôt les nombreux ilots qui caractérisent le littoral norvégien.

Le relief est moins prononcé, le vent quasi inexistant, les kilomètres filent. Mes pensées vagabondent, beaucoup plus positives que les premiers jours. J’entrevois la possibilité de le finir, finalement je n’ai pas tant de retard que ça, et je sais que j’ai la force de pousser un peu plus chaque jour.

A 15h, j’attends le 1er ferry au soleil, en profitant pour faire sécher rapidement ma tente qui est encore un peu humide.

Ces pauses obligatoires sont salvatrices, on n’a pas l’impression de perdre du temps puisque tout le monde doit y passer.

Dans le 1er ferry, je rencontre Boris, cyclotouriste français qui a essayé de se faire passer pour un irlandais mais notre accent frenchy l’a trahie ! Cela fait du bien de rencontrer un compatriote cycliste. Il est parti il y a 2 mois du pays-basque et compte faire un tour d’Europe pendant les 3 mois qui lui reste. Du vrai long cours, au rythme de ses envies, de la météo, des rencontres. Un jour on partira sur les routes et les chemins pour du long, il le faut…

Une vingtaine de minute et nous sommes de l’autre côté. J’abandonne Boris et son vélo de 50 kg pour avaler les 34 km qui me sépare du prochain ferry.

Lorsque j’arrive, je consulte les horaires à l’abri dans le local chauffé prévu à cet effet et m’aperçoit qu’il y a plusieurs lignes. La mienne c’est toute les 3h et heureusement, il arrive dans 20 min.

A nouveau une traversée de 15-20min et je me suis aperçu que mes poursuivants, Arne et Mindaugas, ont raté le ferry et qu’ils devront attendre 3h. L’esprit de compétition se met tout doucement en place sans pour autant que je me mette la pression. Je me dis que je peux prendre un peu d’avance ! Cela me motive encore plus. Sauf que j’ai un gros coup de mou en sortant du ferry, j’ai le ventre creux et je m’arrête faire un gros repas à la ville suivante. Je craque complètement sur du fromage, une bière (la seule du périple), du saumon, des yaourts, des chips. Je mange comme un ogre pendant 45 min, assis sur un banc face au port de plaisance.

Je reprends ma monture et retourne dans les montagnes sur une trace vallonnée qui serpente parmi les lacs. Il fait bon, le vent est tombé et je roule bien. La lumière décline tard ici, vers 20h, c’est la Golden Hour, et le paysage est sublimé. Etant donné que le soleil se couche vers minuit, je roule un peu plus tard ce soir afin de trouver un beau spot. Je me pose à côté d’un lac face au coucher au soleil qui teint le ciel d’une couleur rosé, orangé très intense, c’est superbe ! Peut-être le plus beau bivouac du séjour, posé dans l’herbe avec le doux bruit du ruisseau qui s’écoule dans le lac. Je m’attarde à faire la photo parfaite puis je me couche serein et heureux, 240 km. J’ai rattrapé le retard des premiers jours. Le mental est au top, toujours pas de problème physique, le mal de genou a disparu aussi rapidement qu’il était apparu.

Jour 8 : au cœur des montagnes

5h30 réveil. Je sors de la tente et aperçoit Mindaugas en train de ranger ses affaires sur la table de pique-nique juste à côté ! On va enfin pouvoir discuter un peu. Je plie bagage rapidement, retraverse le ruisseau en mouillant mes chaussures et me joint à lui pour le petit-déjeuner. Il roule fort mais fait des pauses un peu plus longues que moi du coup, ce n’est pas la 1ère fois que l’on se croise mais on a jamais eu le temps de parler un peu. On fait le point, il a également pris cher les 2 derniers jours avec les conditions, cela fait du bien de savoir que l’on n’est pas seul à vivre ça. On le sait, mais de l’entendre, c’est différent.

La veille, j’ai remarqué une punaise dans mon pneu avant. J’avais voulu changer la chambre à air mais je ne semblais pas perdre de pression. Le matin, le pneu était encore bien dur du coup je laisse la punaise et pars devant pour une longue descente. Finalement, au cours de la descente je sens que mon pneu part un peu dans les virages traduisant une faible pression…. Grr j’aurais dû prendre le temps de le faire hier soir ou ce matin.

Pendant que je répare ma chambre, j’aperçois Arne qui vient à ma rencontre. Il a dormi ici hier mais pas à l’hôtel car il était fermé ! Heureusement, il a trouvé une salle chauffée pour passer la nuit sans quoi il serait resté dehors sans rien pour se mettre à l’abri. Un des inconvénients du full ultra light…

Il part devant avec Mindaugas puis je prends la poursuite. Je les redouble alors qu’ils sont arrêtés pour le petit déjeuner dans une auberge.

Je poursuis lentement mais surement pour un long faux plat montant longeant un torrent tumultueux. Au loin, des montagnes abruptes au cimes enneigés apparaissent, le paysage se fait plus montagneux, la température baisse un peu mais la météo reste clémente.

J’atteins la fin du col au niveau de Gaularfjellet qui me donne une vue splendide sur la suite du parcours, une longue descente en lacets. Le panorama est scénique, la route serpente au cœur des montagnes et l’on peut admirer la vue depuis une structure métallique, un promontoire au-dessus du vide pour observer les environs. C’est magnifique !

Je ne reste pas trop longtemps puis descend avec plaisir les lacets, les mains bien calés au fond des cocottes. Mains d’ailleurs qui sont déjà mal en points, j’ai de nouveau une compression du nerf ulnaire au niveau du poignet engendrant fourmillement au niveau de l’annulaire et de l’auriculaire ainsi qu’une perte notoire de la force, surtout au niveau de la main gauche… Je pensais avoir réglé ce problème… Je suis bon pour un arrêt de plusieurs mois.

Je rate de peu le ferry avec Mindaugas et Arne qui m’ont dépassé lors de l’ascension. Heureusement, il y a des liaisons toutes les 10 min.

De l’autre côté la trace est plaisante et longe les fjords sans grosse difficulté, j’ai les jambes et je file jusqu’au pied du prochain col.

Avec Mindaugas au réveil

Pour passer le temps lors de l’ascension j’appelle Géraldine, et je ne vois pas passer 7-8 km. J’ai dans l’optique de redescendre de l’autre côté et de dormir dans la vallée mais le sommet du col n’est pas juste une bascule de l’autre côté, il y pas mal de montées sèches et je n’ai pas envie de pousser plus loin. Je me pose en haut avec une vue magnifique en espérant ne pas subir un orage de montagne mais le ciel est clair, ça devrait aller. Les températures sont glaciales en revanche, j’ai 5° dans la tente lorsque je glisse dans le sommeil…

Jour 9 : Trollstingen

6h je décolle, il fait bien froid mais le 1er raidar me réchauffe de suite. J’enchaine quelques vallons puis une longue descente m’amène à une station de ski et la vallée où j’aperçois les vélos d’Arne et Mindaugas devant une auberge. Cette fois-ci, j’y vais et me laisse tenter par un petit-déjeuner.

Je m’installe à côté de Mindaugas qui termine son repas, on discute un peu et je m’offre un repas gargantuesque. Je n’en reviens pas de tout ce que j’engloutis : du muesli au yaourt, des wasa confiture, des œufs brouillés, 3 steaks hachés, du café brulant, du jus d’orange… Je fais le plein d’énergie.

Aux toilettes, je croise Arne qui me raconte ses mésaventures, il en bave tous les jours j’ai l’impression (je ne comprends pas tout malheureusement…) Mais, il est souvent contraint par ses choix d’hébergement et il doit donc repousser ses limites. Mindaugas à lui dormi pas très loin de moi hier soir.

Je repars à la poursuite du lituanien avec un vent favorable qui s’engouffre à travers la vallée. La route m’amène petit à petit au fjord Geiranger, très connu pour ses parois abruptes et son panorama à couper le souffle. En effet, la vue est superbe ! Un ferry entre dans le fjord à ce moment donnant un aspect encore plus gigantesque aux montagnes environnantes. Je descends vers le village où les touristes abondent. Je me délecte à nouveau de saumon, de yaourt, de gaufre puis je reprends la route pour attaquer un petit col de 7 km. Cette fois-ci dans la montée, je me mets de la musique pour passer le temps : Rammstein, System of a down puis John Butler trio rythment la montée qui passe plutôt rapidement. J’ai une super forme aujourd’hui. Attention, pas d’écouteurs, je mets le son à fonds sur mon smartphone en guise d’enceinte.

Matinée un peu fraîche

A Eidsal, je prends le dernier ferry du parcours et m’étonne de la petite boutique en libre-service située dans le bateau.  La confiance règne dans ces pays nordiques, cela me rappelle les ptites cabanes danoises…

De l’autre côté, je suis encore à fond sur ma monture, il fait un temps superbe. J’attaque un nouveau col et j’entre dans le monde des trolls : Trollstingen.

Le décor est juste majestueux, les montagnes enneigées contrastent avec les vallées verdoyantes. Je prends énormément de plaisir à gravir ces 20 km en fin de journée. Arrivée en haut, je dois à nouveau regonfler mon pneu avant. Ma réparation ne semble pas tenir. Quel fût pas ma surprise en arrivant au col : un petit van immatriculé en France et 59. Des Lillois partis il y a quelques jours pour un long road trip scandinave. Vraiment sympas ! « Désolé, on n’a même pas de bières à t’offrir… » La gentillesse des gens du nord. Pendant que je change la chambre à air et que je discute avec mes compatriotes, un norvégien apparaît sur des skis de fond à roulette. Le gars vient de monter le col avec ça ! Une machine… Il vient à ma rencontre avec une pompe à pied et regonfle mon vélo en deux trois coups, merci ! J’étais en train de m’épuiser à la regonfler avec ma petite pompe. Le gars me raconte, si j’ai bien compris, qu’il a participer il y a quelques jours à une compétition de VTT dans la région, un 40 km et 3000m de D+ ! J’ai cru comprends que c’était la coupe du monde, mais apparemment je n’ai rien compris car il n’y a pas eu de manche cette année en Norvège… Après vérification, il y a eu le 6 juillet un XC Marathon pour la coupe d’Europe. Cela doit être ça !

Le décor est juste majestueux, les montagnes enneigées contrastent avec les vallées verdoyantes. Je prends énormément de plaisir à gravir ces 20 km en fin de journée.

Sur la route de Trollstingen
Trollstingen

J’entame la descente sur des œufs car mon pneu avant ne semble pas tenir des masses… Les paysages sont dingues. Grisé par la descente et l’effort, je suis émerveillé lorsque j’arrive devant les lacets de Trollstingen qui sont en journée complètement bondés. Quasiment personne en cette heure tardive, je les descends rapidement et file dans la vallée pour rejoindre les fjords que je longe encore alors que le soleil se couche complètement.

J’ai envie de pousser encore et je m’arrête à 1h30 avec une étape de 300 km et 3000 m de D+. Pour ne pas perdre de temps demain matin, je vais tenter une nuit à la belle étoile. Je dégote une terrasse en bois et m’installe pour la nuit. Pas d’insectes, un ciel sans nuage, je m’endors rapidement.

Jour 10 : Atlantic road & Listerine

4 h plus tard, je me lève. Range tout le matériel rapidement puisque la tente n’était pas sortie. Et hop, c’est parti !

En fait non, le pneu est à plat ! Bordel… Je perds une demi-heure à réparer et me promet d’acheter des nouvelles chambres à air à la prochaine ville.

C’est chose faite à un Intersport que je croise plusieurs dizaines de kilomètres plus tard. Je perds un peu de temps à rechanger la chambre à air et à regonfler car ils n’ont pas une seule pompe à pied en vente dans leur atelier, je tombe un peu des nues…

Gonflé à bloc avec 2 nouvelles chambres, je repars sous un ciel grisâtre et un paysage moins intéressant, assez urbain et très dense.

Cela devient plus intéressant lorsque l’on emprunte une petite piste gravel. Je m’arrête encore ensuite car cela fait 2 jours que j’ai mal à la gencive gauche. Je redoute un abcès, ce sera quand même bête d’abandonner sur une rage de dent ! Car oui, c’est décidé depuis un moment, je vais la terminer, les doutes des 1ers jours se sont complètement estompés.

J’achète un ½ litre de Listerine et je me ferais des bains de bouches après chaque repas. Faut dire que je ne mange pas franchement sainement, beaucoup de sodas et de barres sucrées.

Direction la fameuse Atlantic road que l’on doit emprunter à l’aller et au retour. La route est sympa mais je m’attendais à quelque chose de plus fou, ça l’est sûrement lors des tempêtes. Sur le retour, je croise Mindaugas ! C’est vraiment cool de se croiser vu le nombre de participants, ce n’était pas gagné…  On se retrouve ensuite au supermarché où on discute un moment puis je repars pendant qu’il termine son repas.

J'avais bien dormi pourtant

La route suit la côte déchiquetée sans trop de relief et m’amène devant un tunnel interdit aux vélos. La trace poursuite pourtant à l’intérieur et je vois bien sur mon fond de carte la route qui fait le tour et que l’on emprunte systématiquement. Une erreur ? SMS à Michael qui ne répond pas de suite. Tant pis, je m’engage dans le tunnel qui n’est pas très long mais bien anxiogène puisque pas adapté pour les vélos. Je débouche en fait sur une portion d’autoroute et je me fais klaxonner par les quelques véhicules qui me double à grande vitesse. J’accélère et très vite, on quitte la route pour reprendre une départementale. Mindaugas me rattrape et file devant pendant que je me pose pour manger sous une bruine qui vient de se mettre à tomber.

Je décide de me poser après 225 km au bord d’un ruisseau qui se jette dans un fjord. Spot parfait pour se laver et profiter un peu du paysage.

 Je débouche en fait sur une portion d’autoroute et je me fais klaxonner par les quelques véhicules qui me double à grande vitesse.

Jour 11 : Perte de mémoire

6h22. Le vent est complètement tombé, la surface des lacs est un miroir parfait. Je glisse sur le bitume avec facilité le long de Tingvjollfjorden puis j’entame un long faux plat montant à travers la vallée de la Driva que je longe un long moment.

Très peu de souvenirs de cette journée malgré les photos. Le temps a été superbe et j’ai traversé de nombreuses forêts et longés plusieurs lacs mais rien à dire de plus… Ce n’est qu’en fin de journée, approchant de Trondheim, la lumière a de nouveau tout sublimée et je me suis arrêté en bordure d’un tunnel, enjambant le rail de sécurité pour me percher au-dessus d’une falaise surplombant le fjord face au soleil couchant. Vraiment splendide.

Jour 12 : Trondheim, Rennes et Taïga

La brume s’est installée et les températures ont baissé pendant la nuit. Direction Trondheim que j’atteins en début de matinée. Apparemment Mindaugas y a dormi cette nuit et il n’est pas encore reparti lorsque je me pose dans un café.

Pendant que je prends mon jus d’orange pressé, je suis abordé par deux bikepackeuses qui me parle en norvégiens puis dans un français quasi parfait. Impossible de savoir leur nationalité. Elles me demandent des infos mais je n’ai pas les réponses, elles ont l’air pressés et repartent aussi sec.

Je quitte difficilement la chaleur du café et reprends la route quittant cette ville qui mérite un approfondissement… Plus tard, on reviendra, plus tard…

Je longe la côte puis la trace bifurque à l’Est et l’on quitte le littoral pour les terres. On n’ira pas plus haut !

Géraldine arrive aujourd’hui à Oslo. De l’eau à couler sous les ponts depuis nos conversations de début d’épreuve. Le plus dur a été fait, il reste que 1000 km environ et les 2/3 du dénivelé sont derrière moi. Plus rien ne peut m’arrêter maintenant, pas même cette douleur dentaire qui semble se calmer.

Cette étape est juste magnifique. La trace nous emmène à travers la Taïga norvégienne, vastes étendues de forêts et de lacs, le relief y est doux, le soleil nous réchauffe et je peux enfin me mettre en manches courtes ! Dans les forêts, et quand je suis ralenti dans les côtes, des nuées de mouches me suivent à quelques centimètres au-dessus de moi…. C’est horrible ! J’arrive à les semer dans les descentes mais dès que je ralentis, des nouvelles me rattrapent…

Trondheim
Long faux plat descendant à travers la Taïga

Une fois rassuré par l’arrivée de ma chérie sur le territoire norvégien, j’ai un regain d’énergie et je file sur les routes.

Je fais un arrêt déjeuner dans un restaurant avec buffet à volonté, c’est un régal ! Mindaugas est dans le coin aussi et on boit le café ensemble. En repartant, une cycliste norvégienne m’aborde et me demande des infos sur l’épreuve. Elle me dit aussi que la météo va être de mieux en mieux et que les températures vont remonter, c’est d’après elle assez exceptionnel cette année…

Le reste de la journée est juste sublime. Sous la lumière rasante de fin de journée, la trace nous fait traverser à nouveau les grandes immensités de forêts qui s’étendent à perte de vue avec en toile de fond quelques montagnes. L’impression de profondeur est vraiment grisante, la route en légère déclivité négative me permet de m’imprégner complètement, c’est du bonheur total, je vis l’instant présent. Rien que pour ces moments, je ne peux pas regretter d’être venu. Le bonheur est accentué par l’effort accompli pour être arrivé là. Tout est sublimé dans l’effort. Monter un col à pied ou en vélo n’a pas du tout la même saveur si on le fait en voiture…

Des panneaux indiquent la présence de rennes dans le secteur et en effet, on peut voir leur trace dans les hautes herbes sur les côtés. Je scrute sans cesse les bas-côtés pour en apercevoir un.

Une belle piste de gravier

L’impression de profondeur est vraiment grisante, la route en légère déclivité négative me permet de m’imprégner complètement, c’est du bonheur total, je vis l’instant présent. Rien que pour ces moments, je ne peux pas regretter d’être venu.

Oui ! Il en y a un ! Je dégaine l’appareil photo mais l’animal ne prends pas la pose… Manqué… Cette fois je prépare l’appareil photo, je mets le 35-100mm, ouverture minimum, mise au point centrale.

Pendant plusieurs kilomètres, mes yeux balayent les environs quand soudain mon œil est accroché par l’un de ces cervidés sur le côté gauche. Je m’arrête net à 50 m de lui. Nos regards se croisent alors que je dégaine l’appareil et il m’autorise à le prendre en photo. Parfait ! Je suis trop content !

Je repars le sourire aux lèvres. La trace quitte le bitume pour une piste bien propre alors que la température baisse légèrement avec la fin de journée.

Je termine à nouveau une belle étape de 260 km et je me pose à proximité d’un pont sur le bas-côté de la route. Les moutons en semi-liberté dans les secteurs viendront me rendre visite en début de nuit.

Jour 13 : Toundra

5h50, je démarre. Il fait un peu frais, les moutons sont partis. Je mets un peu de temps à me mettre en jambe, je n’ai pas grand-chose à manger ce matin et je trouve rien à Tolga, il est trop tôt. Je ne fais pas attention et je fais 2 km sur la mauvaise route… Demi-tour pour reprendre la trace au niveau du pont de Tolga qui enjambe la Glomma.

17km plus loin, je m’écarte de la trace pour aller à Tynset me ravitailler, j’ai le ventre creux ! J’espère trouver un bon café au lait mais pas de stations essence. Je fais donc le plein à un supermarché puis je mange sur le parking désert à cette heure. En remontant je croise 3 stations essences, forcément…

La trace continue à travers la forêt et notamment une superbe piste gravel vallonnée. Les sensations sont énormes sur cette section. Je file à toute vitesse jusqu’à retrouver Mindaugas à une station d’essence. On se pause, on prend un café et on repart pour une ascension. Il me largue assez rapidement, il est trop facile dans les côtes !

La météo change un peu, les nuages s’amoncellent et l’on peut apercevoir les grains qui balayent les montagnes environnantes. Au terme de ce petit col, on débouche sur un panorama somptueux : la Toundra.

Bien que ce soit de la végétation rase, cela me rappelle mes treks en Islande, on voit très loin, on l’impression d’être au milieu de nulle part et pourtant mes pieds sont sur le bitume. Je reste un peu pour contempler le paysage puis je repars direction la vallée de Gudbrandsdalslagen qui m’amène jusqu’à la ville de Vinstra et l’intersection pour l’option N°2 : la section identifiée gravel. Sur la route qui longe la rivière, je rattrape Mindaugas et nos chemins se sépare à l’entrée de la ville où il s’arrête il me semble dans un hôtel. Je n’ai pas eu le temps de le saluer que je suis déjà en bas dans la ville.

Belle piste gravel
Une des plus belles portions !
Toundra Norvégienne

Il faut que je sorte de la zone urbaine pour pouvoir me poser tranquillement mais je sais que le début de l’étape suivante commence par grimper méchamment.

A peine sorti de Vinstra que l’ascension commence, je me vois mal faire tout ça de nuit, sachant que l’on traverse une forêt apparemment. Faute de mieux, je jette ma tente sur un promontoire rocheux qui surplombe la route. Rien n’est plat mais bon il y a que ça… Il fait relativement chaud et je met juste la toile intérieur et je prépare la toile extérieur en cas de pluie.

Alors que je fais mes ablutions quotidiennes, j’entends que ça farfouille juste derrière moi sur la toile de tente qui est par terre. Je ne bouge plus, je tends l’oreille « frrfrffrrrfrr ». J’ouvre d’un coup la tente et aperçoit un blaireau remonter la pente à toute vitesse ! J’espère qu’il ne reviendra pas dans la nuit…

Depuis plusieurs jours, je suis toujours rivé sur le tracker pour la progression des autres. Mon esprit de compétition généralement inexistant est pourtant bien là et j’entrevois la possibilité de finir 4e. Je n’ai pas beaucoup d’avance sur Mindaugas, juste 15 km et j’ai déjà pu constater que parfois nous avions eu 70 km d’écart et nous sommes malgré tout toujours côte à côte. Arne est déjà loin, il a dû prendre un peu plus de repos et les allemands sont à 1 journée environ.  On verra demain…Zzzzzz

La vallée de Vinstra

J’ouvre d’un coup la tente et aperçoit un blaireau remonter la pente à toute vitesse !

Le Sobre et la Toundra
Bivouac routier

Jour 14: Dernier jour

Il me reste environ 400 km pour rallier Oslo. J’ai de multiples options, deux étapes de 200 km, une de 300 et une petite de 50 km, une de 400 km ! Bref, le matin même je ne sais pas ce que je vais faire. Je décolle sous le soleil à 6h pour continuer l’ascension. 50 m après mon lieu de bivouac un peu pourri, sans rire, juste 50 m !! Une large plateforme impeccable… C’est toujours comme ça !

Je continue à monter tranquillement, longeant la montagne en courbes de niveaux et très vite j’atteins le plateau où la piste gravel commence. Après avoir passé le péage pour voiture (il n’y avait personne mais les barrières étaient fermées…) On entre à nouveau dans un paysage de toundra où les moutons et vaches sont en liberté. C’est un petit coin de paradis ici. De multiples maisons scandinaves éparpillés partout, tout autour des lacs. La piste gravel est super bien entretenue, bien plus roulante que les précédentes au final. Je prends beaucoup de plaisir ainsi qu’une averse de grêle de courte durée. Je m’arrête quémander de l’eau à des vacanciers car je suis en rade depuis un moment. Ils me dépannent avec gentillesse, on discute un peu puis je reprends la piste.

Au terme des 40 km de piste, je rejoins le bitume et me pose quelques instants au bar d’un hôtel pendant que la pluie s’abat sur le secteur. Une fois le grain passé, je repars sur la route qui est très empruntée. Elle m’amène jusqu’à la station de ski de Beitostolen où je reprends un grain mémorable. Des trombes d’eau s’abattent sur moi et je suis trempé en quelques minutes. Je m’arrête à l’abri dans la station en attendant que cela se termine. J’en profite pour me ravitailler et manger puis je repars pour une superbe descente sur un bitume lisse comme un billard.

La trace adopte un profil descendant maintenant bien qu’il y ait tout de même quelques raidars comme à la sortie de Fagernes. A l’approche de la ville de Dokka, je suis à nouveau sous la pluie. Je me mets à l’abri sachant que ce sont des grains de courtes durées puis je repars.

Secteur gravel
La toundra du secteur gravel

La route n’est vraiment pas terrible, c’est une nationale très passante ! Les voitures me frôlent et roulent vite. Au bout de 10 km et tandis que la pluie s’est remis à tomber, je m’aperçois que je me suis trompé, je devrais être de l’autre côté de la vallée… Trop loin pour faire demi-tour, je trace comme un fou pour rallier Dokka en espérant ne pas être disqualifié pour cet écart. J’en informe Michael qui me confirme que tout est ok, pas de soucis. Soulagé, je m’octroie un gros burger-frites avant de repartir sous le soleil cette fois-ci.

Une petite ascension après Dokka puis j’arrive à proximité de Gjovik en début de soirée. J’ai encore les jambes et j’ai envie de pousser encore, histoire d’arriver dans la matinée demain matin. Plus tôt dans la journée mes calculs m’avaient fait miroiter une arrivée vers 3h du matin (je m’étais complètement planté en fait) et j’avais annoncé la nouvelle à Géraldine. Un gros quiproquo de SMS m’a complètement mis à plat moralement mais un petit appel à suffit à remettre en route la machine.

Je me dis que je peux finir 4e, faut pas que Mindaugas me rattrape. Cette perspective me booste littéralement sur la route déserte qui longe le lac de Mjosa fortement urbanisé. Je me dis que dès qu’il s’arrête, je continue encore une heure, je me pose 2-3h et je repars. Il est assez loin derrière mais pas suffisamment pour être pénard. Il s’arrête à 12h, je poursuis encore et me pose vers 1h30 à l’arrache sur un ballot de paille. Je ne sais pas si c’est des hallucinations mais j’avais des flashs blanc et rouge au coin de l’œil alors qu’aucune voiture ne passait…

je poursuis encore et me pose vers 1h30 à l’arrache sur un ballot de paille. Je ne sais pas si c’est des hallucinations mais j’avais des flashs blanc et rouge au coin de l’œil alors qu’aucune voiture ne passait…

2h de pause sur un ballot de paille

2h30 plus tard, je me réveille, consulte le tracker : Mindaugas est déjà en mouvement ! Branlebas de combat, je range le matériel en vitesse et je reprends la route alors que le jour se lève. Je m’aperçois plus tard que Mindaugas a stoppé un peu plus loin peu de temps après. Il a dû changer de spot pour dormir je suppose.

Les derniers 100km sont les plus longs. La trace suit la plupart du temps une piste cyclable le long d’une nationale. Le relief s’adoucit, les paysages sont agricoles, l’urbanisation se densifie… Et moi je lutte contre la fatigue. Je mets un temps fou à me mettre dedans. Puis le soleil se met bien en place et me réchauffe, j’envoie des messages à Géraldine tous les 5 kilomètres pour ne pas qu’on se rate, j’ai tellement envie de la retrouver ! L’attente est vraiment longue !

1 km, enfin je m’engage dans l’avenue qui m’amène à l’opéra d’Oslo. Je vais au bout de la trace et me jette dans les bras de Géraldine, superbe dans sa robe d’été verte, exactement comme je l’imaginais.

C’est fini, je l’ai fait ! Je suis trop content ! Les larmes coulent sur mes joues et mon nez complètement craquelés. Michael arrive peu de temps après, il m’attendait au pied de l’opéra. Il m’offre une bière, on fait des photos et on refait un peu la course pendant un long moment avant d’aller chercher les affaires et de rentrer à l’hôtel avec ma douce.

Galerie Photo

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