7e jour: 4e étape du Trek: Dyngjufjell – Askja (Drekki)

Aujourd’hui on passe aux choses sérieuses, l’ascension de l’Askja. Cette 4e étape est importante pour plusieurs raisons. Tout d’abord, première vraie étape avec du dénivelé et on récupère un colis au camp le soir, ce qui veut dire grosse bouffe, vin rouge etc Donc est bien motivé! Le temps est encore magnifique, pas un nuage se profile à l’horizon…

Cette fois ci,on suit une piste balisée… Balisée oui, une piste c’est vite vu, faut dire que c’est  pas l’autoroute comme autour du Mont Blanc ou, paraît-il, sur le GR20. Bref, on suit des bâtons jaunes, le terrain reste ce qu’il est: changeant!

Notre première piste balisée!


Je vous met au défi de prononcer ce mot…


En route pour Dreki qui est apparemment à 20km

Le temps est parfait, ni trop chaud, ni trop froid. L’ascension se fait tranquillement mais surement. On alterne montées bien raides et replats où s’écoulent l’eau des glaciers alentours.

Ca grimpe!!


Pause bibine


Riquette pensif 🙂


Contemplation

Au fur et à mesure de l’ascension, le paysage derrière nous se dévoile et l’on peut apercevoir le désert que l’on a traversé ainsi que le Sellandafjall dans le fond…

On vient de tout là bas! à gauche!

L’Homme occidental n’est pas habitué à voir aussi loin, dans nos villes et nos campagnes, tout est relativement proche. En Islande, on a pu remarquer que notre appréciation des distances est complètements biaisée. Parfois, on a l’impression que telle ou telle montagne se situe au delà de notre portée or on l’atteint en quelques heures (comme le Sellandafjall ou le Hverfell). Dans d’autres cas, on l’impression que l’on va atteindre,un glacier par exemple, à la fin de la journée et on y arrive que le lendemain soir… J’ai d’ailleurs proposer un jeu à mes amis, celui d’estimer la distance qui nous séparait d’un point quelconque. Il s’est avéré que personne ne sait apprécier les distances, et que l’on a tous sous estimé la valeur! Surtout un (dont je tairais le nom) qui avait annoncé 500m, le point était à 2km… Bref, tout ça pour dire que les grands espaces, c’est quelque chose de troublant et fascinant à la fois.

Avec l’altitude on rencontre notre premier névé!! Plus de détails dans la vidéo 😉

Premier névé sur les versants nord de l’Askja

Derrière, le paysage est toujours magnifique, avant de passer le col de Jonsskard, quelques clichés:

La vallée de Dyngjufjolldalur, en bas le refuge


A travers le col de Jonsskard


Seul au monde


4 jours après, notre point de départ est toujours visible, dernière fois avant de basculer derrière, dans le cratère…

Plus on se rapproche du bord du cratère, plus le vent souffle, il fait froid, on s’habille donc en conséquence. Derrière une colline il y a une toujours une colline. Ce fût notre expression de l’expédition, mais cette fois, ça y est, le bord est en vue, plus de montagnes derrière, on y arrive. Instant magique, l’Askja se dévoile, dans toute sa splendeur et son immensité. Je le savais grand, mais à ce point! La caldeira fait 45 km². Cela représente quoi 45 km²??? Pour certains cela parlera, Château-Gontier a une superficie de 28 km²… Angers (42 km²) logerai dans la caldeira de ce volcan, vous imaginez? une ville de 150 000 habitants… Bref, au bord du cratère, on se sent tout petit… Vulnérable…

Cratère d’Askja


Askja, Caldeira 45km², Chambre magmatique à 3km de profondeur (Berger, 2004), dernière éruption en 1961.

Après avoir contemplé l’immensité du volcan, on s’engage dans la pente. La neige facilite la chose, on skie… Littéralement. On décide de s’arrêter au lac Viti (qui veut dire enfer en islandais), de l’autre coté de la caldeira. On passe sur le coté gauche (flanc nord). On doit traverser un champs lave acéré puis de nouveau de la lave cordée.

Traversée d’une coulée de lave Cordée


Sur la coulée de lave. Au loin il y a une brèche dans les bords de la caldeira, à l’est.Surement une ancienne éruption…

L’Askja est en fait l’association de plusieurs caldeiras, 3 cratères qui s’emboitent. Pour plus de détails sur l’Askja, ou la géologie de l’Islande, allez voir, ou :). Bref, le Viti est l’un de ces 3 cratères. Il est caractérisé par une source géothermique: un lac riche en minéraux sulfuré d’une couleur bleu turquoise. L’activité du volcan maintient la température de l’eau à 22°C environ, parfait pour une baignade. Selon ce site, ce n’était pas conseillé… Mais vu le nombre de personne qui s’y trouve… Car oui on  a partiellement retrouvé la civilisation, l’Askja est accessible par la route et donc par des centaines de touristes qui viennent admirer le site. Beaucoup de français parmi eux d’ailleurs… Bon et sinon ça ressemble a quoi le Viti?? Patience… encore quelques clichés du cratère d’abord!

Askja


La brèche à l’est du cratère

Enfin, on s’arrête au niveau du Lac de Viti pour manger et pour une bonne baignade! Lorsque l’on met la tête sous l’eau, on entend le volcan qui gronde… Impressionnant! Le décor est superbe, ajoutez quelques solfatars qui crachent leur vapeur d’eau sulfuré, une odeur de pétard ou d’oeufs pourris, et vous avez l’ambiance dans le cratère!

A l’intérieur du Viti


Magie! 😉


Lac Viti et le lac Oskjuvatn (un autre cratère rempli d’eau) Le lac Viti est profond d’environ 60m, le second fait 220m!

La descente vers le lac se fait par un petit sentier extrêmement escarpé (sur la gauche, voir photo ci dessus). Gaetan manque de tomber violemment mais se rattrape in extremis.

Lac Viti et Oskjuvatn


Déjeuner au bord du Viti

Après notre arrêt, on repart direction Dreki. Au lieu de prendre la piste 4×4, on suit une trace qui remonte sur le bord est du cratère. La montée est rude, sec, le terrain n’est pas très stable. Ce n’est pas la partie la plus facile!

La montée vers le bord est de l’Askja

Je commence à avoir une douleur au genou gauche au cours de la montée. Je commence à flipper…

Une montée qui dure…


Oskjuvatn et Viti


Oskjuvatn depuis le bord est de la caldeira


Oskjuvatn

Ce qui devait arriver arriva. En haut du col, impossible de repartir, le genou gauche est complètement bloqué. Douleur aiguë, je ne peux quasiment plus marcher. Il reste que de la descente, c’est pourtant dans les descentes que ma tendinite du fascia lata me fait le plus souffrir… Heureusement Gaetan a des straps spéciaux pour cette tendinite, je la mets, mes potes me vide le sac (merci les gars!) pour avoir le moins de poids à porter et puis on entame la descente. Tout cet entrainement pour en arriver là… Seulement 4 jours de marche, il en reste théoriquement 13! Je redoute l’abandon car j’avais dû abandonner, il y a 3 ans pour le tour du mont Blanc et pour les même raisons… Je croise les doigts…

Corniche lors de la remontée de l’Askja


En haut du col


La descente du Fascia Lata 1


Descente vers Dreki, panorama sur le Vikursandur

La descente s’effectue pas trop mal, tant que je marche, le tendon est chaud et il me fait moins mal. Mais dès que je m’arrête, il me faut 5 à 10 min pour que la douleur passe. C’est horrible. Toutefois, le Vikursandur apaise mes souffrances. Au soleil couchant, le paysage est magique.

Le Vikursandur

Le camp est enfin en vue. Soulagement pour tout le monde, une étape relativement difficile, beaucoup de dénivelé et une distance importante également.

Le camp est en vue!!

Après récupéré le colis, douche, montage de tente.Pour ma part je bois des litres et des litres de flotte en espérant que la tendinite passe.

Récupération colis

C’est noël avant l’heure. On ouvre le colis, tout d’abord nos lyophilisés pour les 4 jours suivants. Des tablettes de chocolat, des fraises tagada, du rouge, du petit salé au lentille, du paté.. Bref, bonheur.

Profils et carte 4e jour – Dyngjufjell – Dreki

En espérant que mon genou aille mieux demain….

Galerie Photos

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