6e jour: 3e étape du trek: Botni – Dyngjufjell

Lever tôt ce matin, Baron et Riquette sont encore bien motivés ce matin (pour ne pas dire en speed). Puisque l’eau devant les tentes est plutôt chargée en particules, ils repartent en arrière en chercher au niveau des sources qui jaillissaient de sous la roche, une eau pure et limpide.

Baron et Riquette en quête d’eau. Lave Brownie!! (voir plus loin)

Pendant ce temps, je finis la tartiflette laissée par Riquette hier soir, et on plie les gaules. Je prend le temps de faire quelques photos du coin, la lumière est bien différente le matin et l’on voit des choses, des détails que l’on ne voit pas le soir où l’après midi.

Juste de la lave

Le second refuge, Dyngjufjell, se situe à environ 18 km à vol d’oiseau, si on prend la piste cela nous rallongerais et ce serais moins sympa. On décide de couper à travers les champs de lave. Certaines coulées de lave sont très carrossables, surtout celles qui forme des sortes de brownies craquelés (Lave cordée pour les intimes), les autres sont plus difficiles, très acérées, instables. Parfois, la lave cède sous notre poids, et l’on risque de trébucher, pire, se couper ou se briser les os. La progression est plus difficile, mais bon, on est là pour en chier un peu non? Déjà que la météo nous facilite la chose, autant passer à travers!

Le début est plutôt facile, la végétation rase et le sable comble les trous de cette coulée de lave. La progression est rapide


Lave acérée et sellandafjall

Champs de lave acérée avec le Sellandafjall en toile de fond

La photo qui suit illustre bien les changements de paysage, de texture, de difficulté, de terrain qui sont propres à l’Islande. On a pas le temps de s’ennuyer mais aussi pas le temps de s’habituer. Au premier plan le champs de lave acérée, Odàdahraun, puis un désert de sable et de cailloutis, le Dyngjufjalladalur et au loin le volcan Askja…

Champs de lave, désert de sable et cailloutis, puis champs de lave puis montagnes… L’Islande, un paysage qui change tout le temps

Ces champs de lave sont vraiment superbes, magnifiques mais traîtres, plusieurs fois des trolls m’attrapent les pieds ou essayent de casser mes bâtons. Voulant plus d’indépendance et parce que je prend plus de temps pour avancer, je m’écarte souvent de mes compagnons de route. C’est relativement grisant de se retrouver dans ces paysages, seul, et de tomber sur de magnifiques fractures remplies de sable, comme celle qui suit. (à voir dans la vidéo également). Dans ces déserts, il règne un silence assourdissant. On a pas l’habitude de ne rien entendre, vraiment rien… Pas un avion qui passe dans le ciel, pas une voiture, pas de cris d’animaux…

Fracture dans le champs de lave

Les champs de lave laissent place à un désert de cailloutis et de sable (importance de l’ordre des mots: désert de sable et de cailloutis = sable prédomine; désert de cailloutis et de sable, ce sont les cailloutis qui dominent). Les montagnes se rapprochent de plus en plus, et l’on sait que l’on va devoir les attaquer dès ce soir et  surtout demain avec l’Askja… Ces montagnes sont notre horizon pendant plusieurs heures, notamment une, baptisée le mont St Michel 🙂

Désert de cailloutis et de sable avec le mont St Michel en fond


Panorama mont St Michel

Après les cailloux, on attaque une portion de sable et de poussières. D’ailleurs cela souffle pas mal et des mini tornades se forment au loin. Rien de bien méchant. On traverse ce petit désert tranquillement pour attaquer quelques collines qui cachent le refuge.

Panorama Odàdarhraun

Il est grand temps de déjeuner, il nous reste peu de km, autant profiter d’un coin à l’abri du vent pour préparer nos tambouilles!

Déjeuner!!!

Après quelques cols dans un mélange sablo-graveleux sur les collines, on regagne la piste à 4 km du refuge. Sur le chemin, notre regard est attiré par quelque chose sur le côté. C’est en fait des panneaux solaires reliés à des instruments de mesure. En effet, on est à coté de l’Askja, un volcan sous haute surveillance. Puisque les Islandais nous avait dit qu’il n’y avait pas d’eau, on s’était chargé comme des mules, 4 kilos chacun. Qu’est-ce que l’on voit au pied du refuge? Un torrent! ils se sont foutus de nous ou quoi? Peu importe, que du bonheur, on se gave d’eau, cela fait du bien. C’est incroyable comment dans ces moments là, on ne pense plus à rien sauf à trouver de l’eau pour étancher sa soif.

De l’eau au pied du refuge!

Pendant ce temps là, Mélanie nous as rejoint, elle a mis plus temps en passant par la piste mais vu ses chaussures, il était impossible pour elle de passer au travers les champs de lave. On arrive donc au refuge de Dyngjufjell qui est, pour le moment, vide. On croise les doigts pour que personne n’arrive! Car s’il y a personne, dodo à l’abri! 🙂

A l’intérieur du Refuge de Dyngjufjell. De quoi dormir à l’abri!


Le refuge de Dyngjufjell


Arrivée au refuge

Le temps est toujours magnifique, après une séance d’étirement, je décide de repartir explorer les environs. Mes compagnons préfèrent restés dans le refuge pour jouer à la belote. Ma réaction sur le moment est de l’incompréhension, pourquoi rester enfermer quand l’Islande vous tends les bras, là, juste dehors, qui ne demande qu’à être exploré, j’ai d’ailleurs noté dans mon journal J’apprendrai la belote pendant ma retraite, trop peu de temps pour tout explorer, je le gâche pas. Avec le recul, il faut accepter le fait que tout le monde ne vit pas les choses de la même façon… Dans mon cas, c’est la curiosité qui l’emporte et l’envie de m’isoler pour profiter des derniers rayons du soleil qui illumine les contreforts de l’Askja. Une petite ascension de quelques minutes et déjà la vue est superbe.

Autour du refuge, un paysage lunaire


Autour du refuge, un paysage lunaire bis


Les versants de l’Askja avec le col du Jonsskard. Le passage pour le cratère est sur une petite corniche en arrière plan


Les versants de l’Askja

Je profite de cette balade pour compléter mon journal, je commence à avoir des sensations au genou gauche, j’espère que ma tendinite se réveille pas. On le saura demain, puisqu’il y aura du dénivelé! Je rentre au refuge, personne ne viendra ce soir, on peut dormir tranquille. Repas gargantuesque puisque des allemands rencontrés hier à Botni, nous ont laissé de gros sachets de lyophilisés. Donc double ration!

Repas au refuge de Dyngjufjell

Tout le monde s’endort paisiblement…

Profils et carte 3ejour Botni – Dyngjufjell. La plus petite étape du Trek

Galerie Photos

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