[Islande 2016] – Jour 8: Les Sources de Snappadalur…

Nous nous levons comme chaque matin aux aurores, vers 6h30. Tyr (dieu du ciel) est avec nous, il fait de nouveau un temps magnifique ! Le départ du bus est prévu à 11h, sur le parking du motel. Il y a environ 2-3h de route sur une piste défoncée. Le bus est bien en retard et je vérifie de nombreuses fois l’horaire sur le net et à l’intérieure du motel, de peur de ne pas être au bon endroit ou pas à l’heure.

En l’attendant, on tente de faire du stop mais sans succès, ils vont tous au Landmannalaugar… Il arrive enfin et c’est le branle-bas de combat puisqu’il faut échanger de bus avec un qui va notamment au Landmannalaugar. Il faut donc décharger les sacs de tous les voyageurs, c’est un bordel sans nom et ça prend un temps fou… Je crois que ça a duré 45 min…  Après c’est la carte bleue qui a eu du mal a fonctionné, peut être en raison du prix (7000 ISK = 52 € !).

Nous partons enfin. Nous rebroussons donc chemin, passons devant notre croisement où nous nous étions enracinés la veille pendant des heures. Content de le passer et de le voir s’éloigner derrière nous ! Devant, c’est le Sgrengisandur, un désert de plus de 100km fait de roche, de cendre, de poussières, de quelques lacs de barrage hydroélectrique, le tout bordés par les glaciers Vatnajökull à l’Est et le Hofsjökull à l’Ouest.

Mieux vaut prévoir!

Mieux vaut prévoir!

Arrêt

Arrêt

Arrêt photo

Arrêt photo

Au milieu du Sprengisandur, le Hosfjökull

Au milieu du Sprengisandur, le Hosfjökull

Au top!

Au top!

La F26

La F26

Nous arrivons à 14h30 à Nyidalur. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages de plus en plus nombreux. On croise les doigts pour que la pluie nous épargne. On sent bien que l’on a quitté les lieux fréquentés par les touristes. Il n’y a pas grand monde ici, c’est surtout un lieu de passage et les rares randonneurs restent dans les alentours.

Alors que l’on est en train de manger, une ranger de Safetravel.is nous accoste afin de nous demander des infos sur notre trek. Je lui explique que l’on part vers les sources de Snappadalur puis à travers Vonaskard, rallier le cratère de Trolladyngja, dormir au refuge de Dyngjufell et enfin traverser Askja et atteindre le camp Drekki. Vaste programme pour les 4 jours à venir ! J’ai même l’impression que la moitié des noms que je lui annonce sont inconnus pour elle, peut être ma prononciation :p. Je lui demande tout de même si les rivières de la vallée de Vonaskard sont praticables car il y a 4 ans avec les gars, le passage était déjà balèze alors cette année… Elle confirme notre plan B, on passe par le Nord pour passer au niveau du pont de Gjallandi. Elle ne prend pas de risque, vaut mieux nous orienter vers un pont que vers un passage à gué non sûr.

Au fond de ma tête, le colis est toujours là… J’espère qu’il sera là ! Putain, j’espère que oui ! Aucun moyen de le savoir… Reste à profiter à fond de ces 4 jours au cas où…

Nous ne sommes pas nombreux dans le bus, il y a un groupe de Français avec un guide qui en connaît un rayon et qui fait profiter le bus de tout son savoir ! On a de la chance ! Il explique notamment que le destin du Sprengisandur n’est pas tout rose. En effet, bordé par les deux immenses glaciers, au cours des mois d’été, c’est des millions de litres d’eau qui rejoignent le Sud de l’île. Les entreprises hydroélectriques ont l’ambition de réaliser un lac de barrage à la place du désert ! Pour avoir une petite idée de la superficie, il fait environ 3000 km² (Paris fait 105 Km²…). De fait l’accès au Nord de l’île serait coupé car c’est l’unique route qui traverse l’Islande de part en part. Les Islandais se sont « révoltés » et ont manifesté pour conserver ce patrimoine naturel et historique également. Rien n’est encore entrepris mais chaque année les entrepreneurs grappillent des hectares çà et là… Le guide semble pessimiste… Dommage…

Nous faisons un arrêt au milieu du trajet pour faire une pause et prendre des photos du Hofsjökull, du Vatnajökull et du Tungnafellsjökull qui jouxte Nyidalur. Pour nous expliquer un peu l’histoire du Sprengisandur, la conductrice du bus (très sympa et souriante d’ailleurs !) ainsi que le guide entonne un chant traditionnel en Islandais racontant les mythes et légendes qui animent ce désert hostile. Dans les temps jadis, ce désert était un lieu de malédiction, et un véritable défi à traverser. Je vous mettrai un extrait dans la future vidéo… 😉

Les montagnes de Kerlingarfjöll

Les montagnes de Kerlingarfjöll

La Jökuldalur

La Jökuldalur

La Jökuldalur

La Jökuldalur

15h, on décolle et Géraldine choisit de prendre l’itinéraire qui passe au fond la vallée Jokulgil et elle a raison, ça l’air vraiment sympa ! La vallée est orientée Est-Ouest, et en cette fin de journée, le soleil déclinant inonde la vallée de ses rayons et illumine les versants orangés, noirs, grisâtres, la mousse vert fluo… Nous suivons des piquets jaune puis ils disparaissent progressivement, on longe alors le torrent qui coule au milieu de la vallée.

Nous sommes seuls, c’est magique. Après 4 jours de trek parmi la population, c’est un bonheur de retrouvé la solitude, le silence au milieu de ce désert minéral.

Nous traversons à gué le torrent pour atteindre la rive droite afin de prendre l’intérieur du virage que la vallée amorce vers le Nord. Théoriquement, il y a un chemin qui rejoint une autre trace qui passe sur les crêtes au Sud, à notre droite… Mais on ne voit rien. On continue donc, on retraverse un autre torrent un peu plus conséquent. Je me casse la figure de l’autre de la rive qui est bien abrupte mais rien de mal. Le fond de vallée est en vue et toujours aucun signe de chemin… Bordel ! Les versants Sud semblent inaccessibles et insurmontables… On ne va quand même pas faire demi-tour !! On repasse rive gauche, on se rapproche du fond de vallée, rien. Bon, nos yeux scrutent les versant devant nous, abruptes, tantôt surmontés par des névés et des lèvres de neiges, tantôt se terminant par un à pic détérioré… Il y a toutefois, un immense pierrier couvert de mousse donc plutôt stable, la pente est raide, mais en s’y confrontant, on se rend compte que les perspectives sont trompeuses, l’ascension est largement faisable. Faut ne pas tomber, c’est tout.

En moins de 20 min, on triomphe de notre ascension et notre récompense est une vue magnifique. Nous tournons le dos à la Jokulgil pour rejoindre l’itinéraire balisé qui nous fait passer à travers quelques ponts de neige et des névés.

Peu de temps après, nous basculons de l’autre côté, vers le Vonaskard avec le Vatnajökull en toile de fond.

On a triomphé du pierrier

On a triomphé du pierrier

On teste les crampounets

On teste les crampounets

La Jökuldalur

La Jökuldalur

Dans le Wild, le pierrier bien raide

Dans le Wild, le pierrier bien raide

Pierrier bien raide

Pierrier bien raide

La Jökuldalur, la vue après l'ascension du pierrier

La Jökuldalur, la vue après l’ascension du pierrier

Au terme de 13km de marche depuis Nyidalur, nous arrivons sur le site géothermique de Snappadalur. Cela fume de partout, cela sent le soufre, des solfatares par ci des bains de boue bouillonnants par là… On déploie la tente juste au-dessus des fumerolles et on part à la recherche des sources d’eau chaude.

On trouve un petit ruisseau 500m en contrebas, peu de place mais on réussit à s’y tremper. Divin ! Le bain est écourté par la pluie. Il est déjà tard, il faut que l’on mange et que l’on se repose, demain 25km nous attendent !

Les sources d'eaux chaude de Snappadalur

Les sources d’eaux chaude de Snappadalur

Solfatars

Solfatars

Carte et Topographie

Galerie Photos

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