[Islande 2016] – Jour 4: Hattafell- Alfavatn – Jokultungur

Nous nous levons vers 6h. La nuit a été bonne mais j’ai eu un peu froid, je ne me suis pas assez couvert. Il faut savoir qu’ il est généralement déconseillé de dormir dans les vallons car la nuit, l’air froid s’y accumule mais le vent qui soufflait sur les hauteurs hier ainsi que le cadre nous ont fait préféré ce spot. La tente est plein de sable noir, il s’est insinué partout, jusqu’à l’intérieur de nos duvets! On plie bagages et on mange sur les bords du vallon puis nous nous mettons en route. Nous sommes complètement seuls dans un cadre magnifique, c’est vraiment parfait! Quelques oiseaux viennent troubler la quiétude des lieux, notamment un pluvier doré qui nous suit en poussant ses ptits cri caractéristiques! Piouuuuuu!

Nous rejoignons une piste 4×4 (F261) qui nous amène jusqu’à un pont qui enjambe de nouveau la Markafjot. Au fond de moi, je doute un peu de mon itinéraire de la journée qui est, pour le coup, totalement nouveau et quasiment tout le temps à travers champs. On est censé retraverser un affluent de la Markafjlotl, la Hvitmagà, plus en amont, j’espère que cela passera!

Le paysage est vraiment magnifique. Après le pont, on quitte la F261 pour longer une autre piste 4×4 qui serpente autour de la Hvitmagà. La piste nous emmène dans un fond de vallée isolée et encaissé où l’on traverse une bonne dizaine de fois, un petit cours d’eau. De part et d’autre de la vallée, nous sommes observés par les fameux moutons islandais qui décampent en dandinant du derrière.

Pluvier Doré

Pluvier Doré

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La Markafjot

La Markafljot

La Markafjot

La Markafljot

Pont sur la Markafjot

Pont sur la Markafljot

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Qu'est ce que c'est que cette porte!

Qu’est ce que c’est que cette porte!

On se sent parfois observé

On se sent parfois observé

La Hvitmagà

La Hvitmagà

Au cours de notre progression, je me rends compte d’une chose pas très rassurante. Nous sommes censés traversés de nouveau la rivière afin de rejoindre le lac d’Alfavatn. Sur la carte topographique, j’avais prévu de passer à un endroit où largeur de la rivière est moins large qu’actuellement. J’en avait déduit que si le cours d’eau s’élargissait, il allait être plus difficile à traverser. Sauf que je n’ai pas du tout pris en compte la direction de l’écoulement! Je percute quand je prends en photos la rivière qui s’écoule dans le même sens que nous alors que je pensais le contraire!! Vu le débit actuel et l’importance du cours d’eau, le rétrécissement à venir suggère plutôt un torrent infranchissable… Comment on va faire?

On continue tout de même jusqu’au pied de la rivière et constater en effet la présence de rapides infranchissables. Impossible de faire demi tour, on perdrait une journée, il faut trouver un moyen de passer! Mais le courant semble vraiment fort, et ça l’air vraiment profond.

Après un passage où l’on a dû escalader un peu les parois, notre regard est attiré par une petite porte incrustée dans la roche. Nous montons un petit sentier qui nous y amène et lorsque l’on ouvre la porte, on constate qu’il y a un lit de camp sommaire et une cavité à côté avec des restes de feu de camp. Cela doit être un refuge pour les bergers. Le confort est inexistant et il y a de la place juste pour une voire deux personnes.

Nous sortons de la vallée pour remonter tranquillement au dessus de la rivière. Nous faisons une pause thé et pâtes de fruit devant Litla Graenafjall et la Hvitmagà. Nous quittons la piste pour longer la rive gauche de la rivière et au pied des montagnes. La progression est assez aisée, le terrain est composé de mousse et c’est de manière générale assez plat, on avance en courbes de niveau. Il faut parfois descendre de minuscules mais raides dépressions dues à l’érosion du sol par l’écoulement de ruisseaux issus de la fonte des neiges. Ces portions sont ludiques et l’on voit pas le temps passer! De temps à autres, on suit également les pistes de moutons qui sont bien pratiques!

Des passages abruptes

Des passages abruptes

Mais facile!

Mais facile!

impossible de traverser ici

impossible de traverser ici

Où est-ce que l'on passe?

Où est-ce que l’on passe?

Passage à gué de la Hvitmagà

Passage à gué de la Hvitmagà

Un groupe d’islandais déboule du haut des gorges. Je parle un peu avec eux mais j’ai l’impression qu’ils ne sont pas très content de notre présence ici. Ils me disent qu’il y a déjà beaucoup trop de monde sur le Laugavegur… C’est peut être moi qui interprète mal ce qu’ils me dise. C’est jamais évident de percevoir les nuances à travers une langue que l’on maîtrise pas totalement. Bref, nous remontons un peu les gorges puis nous bifurquons vers le Nord pour rejoindre le lac d’Alfavatn.

On contourne le lac par le Sud pour rejoindre le camp qui est de nouveau surpeuplé, nous sommes de retour sur le Laugavegur. Nous faisons le plein d’eau puis on repart pour bivouaquer au pied de Jokultugur. J’y avais déjà camper en 2010, il y a des spots vraiment sympas. Au terme de la plus  longue étape du séjour, 30km, nous plantons la tente dans un petit vallon, à côté d’un ruisseau et d’un névé, à l’abri du vent à décorner les boeufs qui soufflent au-dessus de nous. Nous ne sommes pas seuls, plein de randonneurs bivouaquent çà et là, même à proximité proche du tracé… Je doute que cela restera au goût des rangers et je ne peux qu’imaginer que dans quelques temps, le bivouac sauvage ne sera plus du tout toléré…

Je bouillonne intérieurement. Je ne sais pas ce que l’on doit faire. On hésite. On retourne sur nos pas scrutant la rivière pour y déceler un passage. Finalement, je me dis qu’il faut tenter! J’enlève mon sac à dos, pantalon et je pars tenter une traversée au niveau du virage et à l’endroit le plus large (débit moins important). C’est moins profond que je ne l’aurai pensé! J’ai de l’eau à mi cuisse au maximum, le courant est fort mais ayant la bonne technique, cela passe à l’aise et je suis de l’autre côté en peu de temps. Je re traverse, prend le sac de Géraldine puis on traverse à deux. Je retourne chercher mon sac et la Gopro que j’avais laissé sur l’autre rive pour immortaliser le moment. On est passé! Content et soulagé de ne pas à avoir faire demi-tour!

On escalade la berge abrupte, nous remontons la rive droite pour retraverser un petit cours d’eau et nous nous posons pour déjeuner juste à côté du début des rapides où j’avais initialement prévu de traverser.

Début des Gorges

Début des Gorges

Un bon repas après de fortes émotions!

Un bon repas après de fortes émotions!

Bientôt la fin de cette étape

Bientôt la fin de cette étape

Carte et topographie

Galerie Photos

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