[Islande 2016] – Jour 3: Bàsar – Hattafell

Réveil sous le soleil vers 6h30 après une nuit parfaite malgré les exclamations sonores de notre voisine anglaise. D’autres randonneurs sont arrivés dans la nuit mais personne n’est debout, nous sommes les premiers. Théoriquement, ce site de bivouac est gardé par un gardien et l’emplacement est payant mais personne n’est venu… Pas vu pas pris!

On petit déjeune sur la table face aux autres tentes pendant que tout le monde se réveille. Pendant que je rangeais mes affaires, Géraldine a aperçu un renard polaire autour du camp! Elle est aux anges! Je pars à sa recherche mais en vain… Dommage!

Deux français et l’anglaise sortent de leur tente, à peine bonjour qu’elle nous demande la crème solaire, tu peux aller te brosser Martine! On discute un peu, et on apprend qu’ils font juste l’étape que l’on a fait la veille mais dans le sens inverse. Quand on leur explique notre projet, ils comprennent vite que l’on est pas sur la même planète. On les quitte puis on se dirige vers le centre du camp de Bàsar, toujours rive gauche de la vallée de Thorsmork où s’écoule la rivière Krossà. Le camp est vraiment plus important que les fois précédentes et il y a beaucoup plus de monde. Nous passons rapidement, empruntons une piste 4×4 qui nous amène au passage à gué de la Krossà qui est équipé, au moins depuis 2012, de ponts mobiles. En chemin, nous avons aperçu un lagopède alpin avec ses poussins, trop trop mignons!

Nous traversons donc le gué Maréchal. Pourquoi ce nom ? En référence à mon ami Nicolas Maréchal qui avait franchi ce gué avec moi en 2010, mais à l’époque il n’y avait pas de pont! Et le courant avait été assez puissant pour le déstabiliser, le faire chuter et perdre ses chaussures de randonnée… (Voir ci-dessous la vidéo de 2010).

Le gué Maréchal

Lagopède Alpin

Lagopède Alpin

trop facile!

trop facile!

Nous atteignons le refuge de Thorsmork situé juste en face de Bàsar, sur la rive droite. Egalement beaucoup de randonneurs, c’est le début officiel du Laugavegur qui nous amènera au Landmannalaugar. Pour varier un peu par rapport à mes précédents passages dans le secteur, on prend un itinéraire bis qui passe par le sommet d’une petite montagne situé à l’Ouest du camp, Valanhukur.

De là haut, on a une vue superbe sur la Krossà et son réseau fluviatile en tresse. Nous restons un bon moment, seuls, à observer le paysage; C’est magnifique, le temps est bien dégagé, on une super visibilité. Au Nord, on aperçoit les gorges de la Markafjot que l’on va remonter jusqu’au désert d’Emstrur. La silhouette  d’Hattafell se détache également au loin… Au Sud Est, nous voyons ce que l’on a descendu hier et le glacier Myrdajökull ainsi que Bàsar.

Traversée du gué Maréchal

Traversée du gué Maréchal

Depuis le Valnhukur

Depuis le Valanhukur, le réseau en tresse de la Krossà

Depuis le Valanhukur

Depuis le Valanhukur

Hattafell

Hattafell

Nous sommes rejoint par un couple de français dont la femme ne semble pas super enchanté d’avoir parcouru les 5km depuis le camp et atteint les 450m d’altitude du Valahnukur. « ça va bébé ? ça te plait mon bébé ? » Après avoir entendu ces quelques échanges, on redescend pour rejoindre le tracé principal. Nous arrivons devant notre  la þröngà et le 1er passage à gué où l’on va tester les surbottes que Géraldine a confectionné. Ce n’est pas si évident de marcher avec, malgré le lien de serrage en haut de la cuisse, elles descendent le long de la jambe et rendent la progression hasardeuse. Tout se passe bien, c’est une petite rivière, à peine de l’eau jusqu’au genoux. Nous traversons plus rapidement que s’il avait fallu enlever les chaussures! Cela prend un peu l’eau mais pas assez pour traverser nos chaussures pratiquement étanches. Nous remontons ensuite la Markafjot sur la rive gauche dans un décor vraiment somptueux. Sur le tracé, en revanche, c’est l’autoroute, un monde de fou! Cela enlève un peu (beaucoup) de la magie des lieux mais bon on en fait également parti!

On trouve même des champis!

On trouve même des champis!

Le gué Maréchal

Le gué Maréchal

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Depuis le Valnhukur

Depuis le Valnhukur

Passage à gué de la þröngà

Passage à gué de la þröngà

Un tracé surchargé

Un tracé surchargé

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Le panorama vers l’Ouest, les gorges de la Markafjot et au fond l’Eyafjajökull

Les gorges de la Markafjot

Les gorges de la Markafjot

Nous déjeunons à quelques mètres du sentier avec beaucoup de monde puis l’on repart, direction l’Est et le désert d’Emstrur. Avant d’atteindre le refuge du même nom, nous devons franchir les gorges de la Markafjot. Un petit pont de bois enjambe les eaux tumultueuses qui s’écoulent avec grand bruit sous nos pieds, c’est impressionnant. Juste après, il y a un petit col assez raide à gravir dans un mélange de pierre et de sable. Nous sommes surpris de croiser au cours de l’ascension, des sacoches du type de celles que l’on trouve sur des vélos… Des vélos ici ? Ils sont cinglés!! Elles sont cinglées en fait, un groupe de 3 femme est en train de gravir le col avec leur vélo… Géraldine qui est toujours devant moi propose son aide et pousse les engins vers le sommet.

On arrive au camp d’Emstur qui est naturellement bondé. Nous nous y arrêtons le temps de profiter des toilettes et pour remplir nos camelback ainsi que nos bouteilles d’eau (soit 3,5 L). Ne souhaitant pas se mêler à la populace, et parce que demain, nous quitterons temporairement le tracé du Laugavegur, nous repartons vers le Nord afin de trouver une zone de bivouac adéquate, à l’abri des regards.

J’avais auparavant, chez nous, réaliser un tracé hypothétique que nous suivons actuellement. Le fait est que le fond topographique de la carte n’est pas toujours précis et qu’il est difficile d’apprécier réellement le relief. Je mets en doute la faisabilité de mon tracé lorsqu’après 2 km sur un plateau sablo-graveleux, nous nous approchons dangereusement d’une dépression semblable à des gorges ou falaises affanchissables. La tracé passe en plein dedans… On improvise donc avec le terrain et on bifurque vers l’Ouest pour essayer de trouver un passage qui pourrait nous faire traverser ces gorges. Heureusement, les rives des gorges s’adoucissent et la perspective du terrain donne parfois l’impression que cela ne passe pas alors que c’est relativement facile. On descend dans les gorges devenues un petit vallon tout de vert vêtu avec un petit ruisseau colonisé par de magnifiques lupins islandais. L’endroit est vraiment superbe, calme quoique un peu venteux mais nous y plantons tout de même la tente, en plein soleil…

Emstrur, bondé

Emstrur, bondé

Hattafell

Hattafell

Bivouac sauvage au pied d'Hattafell

Bivouac sauvage au pied d’Hattafell

Le vallon est situé au pied de la montagne Hattafell, et les gorges sont des affluents de la Markafjot qui s’écoule un peu plus bas. Pendant que Géraldine fait sa toilette, je pars explorer les proches environs. Nous sommes vraiment seuls, et juste en contrebas, je tombe sur une petite cascade où nous irons d’ailleurs dîner.

Carte et topographie

Galerie Photos

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